La Healthtech un secteur innovant

La Healthtech : un secteur innovant

La Healthtech est un secteur en plein essor depuis quelques années, notamment dans notre pays. En effet, juste derrière le Royaume-Uni, la France est devenue le deuxième écosystème dans la Healthtech avec plus de 2 000 entreprises spécialisées dont 750 biotechs, 1100 medtechs et 200 entreprises d’e-santé. Selon le rapport annuel de France BioTech, 1,5 milliard d’euros de capital ont été levés en 2020 par les HealthTech françaises.

La Healthtech aujourd’hui

Définition des termes

Commençons par une définition. La Healthtech représente l’ensemble des technologies créées dans le domaine de la santé au sens large. Ce terme englobe les Medtechs, la E-santé et les Biotechs.

Les Medtechs regroupent toutes les technologies utilisées pour soigner, sauver ou améliorer la vie des patients souffrants de pathologies de toutes sortes.

La E-Santé, ou santé digitale est définie par la Commission Européenne comme “l’application des technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’ensemble des activités en rapport avec la santé.”

Les Biotechs regroupent l’ensemble des solutions mélangeant les sciences du vivant, soit la biologie et les technologies issues d’autres disciplines comme la physique ou la chimie.

L’état du marché au niveau mondial

Au niveau mondial, la taille du marché de la Healthtech a été évaluée à 141,9 milliards de dollars en 2020 et devrait croître de 15,1% entre 2021 et 2028, selon le rapport publié par Global Market Insights en 2020.

En 2020, plus de 21 milliards de dollars ont été investis dans l’industrie, face à un milliard en 2010, soit une évolution exponentielle qui explique le nombre d’innovations réalisées dans ce secteur.

La compétition internationale s’intensifie avec l’arrivée de nouveaux acteurs issus du continent asiatique, ventant disputer l’hégémonie américaine sur le créneau de l’innovation dans la santé.

L’état du marché au niveau européen

À l’échelle européenne, c’est le Royaume-Uni qui est le leader de ce secteur, grâce notamment aux 12 premiers instituts de recherche en termes d’investissement en capital-risque qui sont basés dans le pays, ainsi qu’à la création de 164 startups dans ce domaine au cours de la dernière décennie.

Le marché européen se développe très rapidement. Il existe en effet, 626 entreprises de santé numérique dans toute l’Europe. 63% d’entre elles ont été fondées au cours des cinq dernières années selon un rapport de Speedinvest.

Il faut noter que le marché européen de la Healthtech représentait 110 milliards d’euros en 2016, soit 29 % du marché mondial dans le secteur selon Nobel Project.

Le potentiel français

En quelques années, les Healthtech françaises ont connu une très grosse évolution, grâce à de puissants acteurs et surtout des innovations à la pointe de la technologie.

Les acteurs de la Healthtech

outenues pas de nombreux incubateurs comme Agoranov, Eurasanté ou encore Paris Biotech Santé ainsi que de puissants investisseurs comme XAnge, LBO France, Elaia ou bien Patient Autonome de BPI France, les startups spécialisées dans la Healthtech sont bien entourées notamment au niveau de leur financement en phase d’amorçage.

Certaines entreprises de ce domaine connaissent de très belles réussites économiques. Avec 90 entreprises cotées en bourses dont 58 Biotechs et 32 Medtechs. Parmi ces entreprises, on peut noter l’incroyable levée de fonds de BioSerenity en 2019, qui a levé 65 millions d’euros auprès d’entreprises comme Dassault Systèmes, LBO France, IdInvest Partners ou encore BPI France.

La réputation de l’excellence de la recherche scientifique française n’est plus à faire. La France étant au 4ᵉ rang du classement mondial des nations pour les Prix Nobel et 2ᵉ pour les médailles Fields en mathématiques. Le Centre National pour la Recherche Scientifique (CNRS) et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) font partie des 10 premiers organismes mondiaux de recherches en termes d’innovation selon le classement établi par Thomson-Reuters en 2016.

Côté recrutement, selon les projections de France Biotech, le secteur pourrait générer 130 000 emplois en France d’ici à 2030.

Les dispositifs de financement

Il existe en France de nombreux dispositifs de financement publics pour les entreprises innovantes. On y retrouve la Banque Publique d’Investissement (BPI), le Crédit Impôt Recherche (CIR) ainsi que les avantages liés au statut Jeune entreprise innovante (JEI). On compte également les investissements de différents Programmes d’Investissements d’Avenir (PIA).

Les freins au développement

Malgré un fort potentiel de développement dans ce secteur en France, il existe encore d’importants freins qui ralentissent les startups françaises de la santé dans leur quête pour devenir leader sur le marché.

Comme nous l’avons vu, de nombreuses solutions de financement ont été mises en place. Cependant, elles restent encore insuffisantes notamment une fois la phase d’amorçage passée.

Selon France Biotech, ce déséquilibre entre le grand nombre de financements en early-stage et la pénurie de financement au-delà de cette phase serait le résultat de la combinaison des situations suivantes :

  • “ Les fonds de capital-risque ne peuvent pas suivre la hausse des besoins de financement des entreprises et les fonds de capital-développement sont trop peu présents et spécialisés,
  • Les investisseurs familiaux et les High Net Worth Individuals sont peu impliqués,
  • Les investisseurs étrangers spécialisés marquent peu d’appétence pour le marché français
  • Les pouvoirs publics, français ou européens, ne disposent pas ou peu d’outils d’investissement lorsque les tickets deviennent supérieurs à 15-20 millions d’euros.”

La France souffre aussi du manque d’expertise dans les métiers partenaires de startup, notamment dans l’écosystème financier et au niveau des administrations publiques.

Enfin, la réglementation française ralentit l’émergence de solutions innovantes dans le secteur de la santé et l’essor des start-ups par des procédures longues et difficiles (comparativement à d’autres régions), que ce soit dans le cadre des essais cliniques ou bien dans les processus d’accès au marché.

“La clef de la réussite de la Healthtech c’est l’achat public, car pour créer un marché et une économie durable il faut montrer l’exemple par l’achat. Les subventions aident, mais elles empêchent de voir l’avenir à long terme. On a tout ce qu’il faut, on a des talents, on a des données de santé et des acteurs publics comme privés, mais ce qu’il nous manque, c’est la création d’un marché. Il faut créer des business models à long terme pour les sociétés. Si nous n’avons pas de business model en Healthtech en France, nous risquons d’être laissés derrière.” Ted Baldwin, CEO de la startup Imageens.

L’impact de ce marché sur le recrutement

La création d’un marché dans ce secteur créer logiquement une explosion en termes d’emplois.
On attend la création de plus de 130 000 emplois directs comme indirects à l’horizon 2030 selon le rapport de France Biotech.

Toujours selon les chiffres de France Biotech, le secteur de la santé pourrait représenter 1,7% de la population active dans moins de 10 ans.

Les prédictions pour 2030

Le 29 juin dernier, le Président de la République, Emmanuel Macron a annoncé le lancement du “Plan Innovation Santé 2030” lors de la 9e édition du Conseil Stratégique des Industries de Santé (CSIS). Son objectif : faire de la France la 1ère nation européenne innovante en 2030. Ce plan étant accompagné d’un investissement de 7 milliards d’euros pour redynamiser le domaine de la recherche en santé ainsi que de permettre à la France de bénéficier d’une politique industrielle puissante au niveau de l’innovation médicale. 

D’autre part, selon France Biotech ce sont 10% de croissance moyenne annuelle qui sont prévus d’ici à 2030. La France pourrait donc bénéficier d’un marché d’environ 40 milliards d’euros dans moins de 10 ans. 


Afin d’exploiter le potentiel de notre pays dans ce secteur, l’organisme France Biotech a publié dans son rapport 15 propositions afin de définir une stratégie nationale avec les acteurs du secteur et les ministères concernés. Parmi leurs propositions il y a : 

  • “Attirer les investisseurs étrangers spécialisés à travers une meilleure visibilité des atouts de la France et de son dynamisme, 
  • Travailler avec la BPI sur des dispositifs complémentaires pour soutenir le financement à long terme des startups (par exemple : garanties pour de nouveaux fonds, augmentation de la durée moyenne de détention, augmentation des tickets moyens), 
  • Prolonger la durée maximum, actuellement à 8 ans, du statut de JEI, 
  • Améliorer la préparation des entrepreneurs Biotech/Medtech français aux demandes”.

Focus sur deux acteurs de la Healthtech

Pour illustrer cet article sur les innovations qui sont réalisées dans le secteur de la santé nous avons choisis de mettre en avant deux entreprises particulièrement intéressantes que sont DeepLife et Imageens.

Le cas Deeplife

DeepLife est une startup fondée par Jonathan Baptista et Jean-Baptiste Morlot.
Ces deux entrepreneurs souhaitaient faire de la modélisation d’organismes vivants, comme des cellules ou des bactéries. L’objectif de DeepLife étant d’accélérer la recherche de nouveaux médicaments (Drug Discovery).

Le travail de recherche effectué ces 5 dernières années cumulé à l’explosion des données de santé ont permis à DeepLife d’agréger suffisamment d’expertise et de données pour entraîner des algorithmes d’Intelligence Artificielle performants pour répondre aux grands challenges R&D de l’industrie pharmaceutique.

Aujourd’hui DeepLife utilise l’IA pour construire des jumeaux numériques de cellules destinés à prédire comment ces systèmes biologiques complexes vont réagir à différents types de perturbations comme : la prise d’un médicament, des changements de température ou de pression, des virus ou des opérations d’édition génétique.

« DeepLife va permettre aux laboratoires d’accélérer considérablement leurs recherches en leur permettant de simuler en parallèle et très rapidement le résultat de nombreuses hypothèses et maximiser ainsi les chances de succès des candidats médicaments testés en laboratoire.” Jonathan Baptista, Co-fondateur et CEO de DeepLife.

Le cas Imageens

Imageens est une startup spécialisée dans la Medtech.
Cette startup développe un outil d’aide au diagnostic via l’IA en lien avec le traitement d’images médicales destiné aux médecins cardiologues dans le but de les aider à détecter plus précocement des maladies cardiovasculaires.

Dans un premier temps, la solution proposée par Imageens va permettre de classifier puis de traiter les images qu’il reçoit, grâce à un algorithme Machine Learning.
Imageens a d’ailleurs accès à une base de données très conséquente grâce au partenariat qu’ils ont noué avec l’APHP.
L’algorithme va ensuite permettre de structurer les données de l’imagerie afin de diagnostiquer des maladies cardiovasculaires responsables de 31% de la mortalité mondiale selon l’OMS.

“Nous travaillons main dans la main avec des établissements de santé de premier plan pour concevoir une Intelligence Artificielle de décision clinique. Notre but va être d’aider les médecins à prendre de meilleures décisions cliniques pour leurs patients en tirant le meilleur parti de leurs données d’imagerie cardiovasculaire.” Ted Baldwin, CEO d’Imageens.

Les startups de santé françaises participent activement à la recherche médicale notamment en développant grâce à l’intelligence artificielle des outils d’aide au diagnostic, mais également des médicaments qui permettront de soigner des maladies graves dont nous ne savons aujourd’hui que traiter les symptômes. Grâce à de telles avancées, le secteur de la santé recrute de plus en plus.