Suite à la pression subie pendant la crise du coronavirus – et même si le problème existait bien avant – le gouvernement a (enfin) promis de prendre en main l’amélioration de la prise en charge des malades, mais également et surtout d’améliorer les conditions de travail des soignants.

Le 25 mai dernier, Édouard Philippe annonce un changement dans le quotidien des hôpitaux d’ici quelques mois, grâce à de nouveaux moyens : le Ségur de la Santé. 

Explications.

Ségur de la Santé ? 

C’est le regroupement des différents acteurs sociaux présents dans le domaine de la santé, qui se réunisse autour de sujets spécifiques sur des formats de tours de table ou partage d’expérience. On y retrouve le gouvernement, les syndicats, le personnel de santé et divers collectifs. 

L’expression vient de l’avenue de Ségur à Paris où l’on retrouve l’un des bâtiments du ministère des Solidarités et de la Santé.

Le Ségur de la Santé a pour objectif d’améliorer le secteur de la santé en passant par divers sujets tels que les salaires, les soins, mais également la dette et la gouvernance des hôpitaux. L’idée est de « réinventer » l’hôpital et le système de soin qui l’accompagnent, permettant ainsi de reconnaître enfin ses acteurs et de les valoriser à leurs justes valeurs. 

4 sujets au coeur des concertations 

  • Pilier n°1 : Transformer les métiers et revaloriser ceux qui soignent ;
  • Pilier n°2 : Définir une nouvelle politique d’investissement et de financement au service des soins ;
  • Pilier n°3 : Simplifier radicalement les organisations et le quotidien des équipes ;
  • Pilier n°4 : Fédérer les acteurs de la santé dans les territoires au service des usagers.

Le ministre de la santé, Olivier Veran, et l’ancienne secrétaire générale de la CFDT, Nicole Notat, pilotent depuis plus de 15 jours les discussions censées réinventer l’avenir du système de santé après la crise du coronavirus. Ces concertations avancent lentement alors qu’elles doivent vite déboucher sur de nombreuses propositions pour le plan de restructuration promis d’ici le 15 juillet.  

L’objectif ici est de tirer les leçons du coronavirus et de mettre en place un système de santé plus moderne et à l’écoute des professionnels. La méthode et l’organisation ont été présentées lors de ce communiqué de presse publié le 25 mai par le ministère des Solidarités et de la Santé. 

Mais après seulement deux réunions, des changements de méthode voient déjà le jour tel que le sujet des salaires par exemple qui sera scindé en deux : celui des personnels médicaux d’une part et de l’autre des non-médicaux.

Négociations salariales 

Lors d’une visite à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, le chef d’État a promis aux soignants une hausse de leur rémunération en plus des primes annoncées dues à la pandémie. 

Une hausse des salaires très attendue depuis plusieurs années déjà, surtout pour les infirmiers. 

En effet, selon les données publiées par l’OCDE, le salaire moyen des infirmiers en France est inférieur de 6% par rapport à la moyenne européenne, mais également bien en dessous de celle de l’Organisation pour la Coopération Économique et le Développement (OCDE). La France, en 2017, était classée au 22e rang des 33 pays sélectionnés par l’OCDE en matière de rémunération de ses infirmiers. 

La rémunération de l’ensemble du personnel hospitalier est un élément crucial qui doit être abordé sérieusement lors des tours de table de la Ségur de la Santé. 

Le manque d’effectif et l’évolution de carrière

Après la rémunération, la question existentielle des effectifs hospitaliers est très peu abordée par le Ségur de la Santé pour le moment.  Les soignants continuent de mettre en lumière le réel besoin d’augmenter leurs effectifs afin de soulager les équipes médicales qui sont surchargées. 

Avec la réforme des 35h instaurée en 2002, le mot d’ordre a été de travailler plus dans un laps de temps réduit. Tout ça parce que les embauches prévues pour accompagner cette réorganisation n’ont jamais eu lieu ?  

En conséquence, les hôpitaux sont obligés de fermer des lits ou alors d’embaucher des intérimaires. Un choix qui s’avère très coûteux puisque ces derniers, face à cette pénurie, exigent des rémunérations supérieures aux grilles salariales mises en place pour le personnel soignant. 

Même si le sujet ne figure pas parmi les thèmes de discussion du Ségur de la Santé, il ne peut être laissé de côté. Comment reconnaître le personnel soignant à sa juste valeur ? Un des grand axes de la Ségur de la Santé. Le salaire joue une grande importance certes, mais pas que. On pense notamment aux perspectives d’évolution de carrière.

Le manque d’effectifs est la conséquence directe d’un manque de candidat. En effet, les hôpitaux français sont peu attractifs pour de nombreux soignants, qui préfèrent travailler à l’étranger où ils sont selon eux plus valorisés. 

Le Ségur de la Santé devra donc prendre en considération ces problèmes pour trouver des solutions afin de donner un nouveau souffle aux hôpitaux français. Que ça soit par une réévaluation de leur salaire, une gestion plus adaptée des ressources humaines, des conditions de travail plus agréable ou une revalorisation de leurs métiers avec des perspectives d’évolutions claires et précises…

Un travail de longue haleine, qui entraînera – nous l’espérons- une amélioration de notre système hospitalier.