Depuis une dizaine d’années, le secteur de la santé a créé une révolution avec la télémédecine. Ayant réellement explosé depuis seulement 2/3 ans, le modèle a maintenant trouvé une certaine pérennité. Même si les français ont eu besoin d’un temps d’adaptation aux nouvelles pratiques, la téléconsultation pour les médecins généralistes et autres spécialistes (notamment la montée des rendez-vous à distance des psychologues) s’est bien popularisée.

Pourtant il reste encore beaucoup de métiers à couvrir… Comme le métier de vétérinaire par exemple ! Et oui, nous avons les mêmes problématiques en santé animale et en santé humaine. Avec plus de 18.500 vétérinaires sur le territoire français, dont seulement 4000 qui sont en milieu rural, la problématique de la désertification est la même que pour les généralistes. 

En France, c’est 1 foyer sur 2 qui a un animal de compagnie (comprenant également les reptiles et équidés), soit plus de 60 millions. Saviez-vous par exemple que 50% des chats n’ont jamais vu un vétérinaire de leur vie ?

C’est dans ce contexte qu’Antoine Escudier a décidé de se lancer en 2019 pour sortir en 2020 l’application Vetapp. Une plateforme en ligne qui permet aux propriétaires d’animaux, de consulter en vidéo à distance un vétérinaire pour certaines pathologies. 

Interview avec Antoine Escudier, CEO et fondateur de Vetapp.

Un secteur en besoin de transformation digitale

Plus de 60 millions d’amis (recensés) en France ! Ce n’est pas pour autant facile de prendre soin d’eux et de les emmener voir le vétérinaire : la distance, le manque de temps, des animaux frileux ou à caractère trempé… Beaucoup d’excuses.

« Les contrôles dermatologiques, comportementaux ou encore post-opératoires représentent 10 à 20% des consultations aujourd’hui et nous avons pu voir avec les vétérinaires qui pour beaucoup estiment que cela peut-être fait à distance », indique Antoine Escudier.

A garder en tête 

Comme pour les humains, la visite médicale physique n’est pas nécessaire à 100% pour les animaux. Dans 10 à 20% des cas, l’animal n’a pas besoin de manipulation par un vétérinaire et donc aucune nécessité de se déplacer.

Les vétérinaires étant peu nombreux se retrouvent sous l’eau – à répartition égale pour chaque spécialiste, on dépasserait les 2.000 potentiels patients par an. Ils passent également un temps non négligeable à répondre aux questions et donner des conseils, tout ça hors consultation.

Pour certains propriétaires, la distance reste l’obstacle le plus important, couplé avec la gestion de stress pour l’animal. Dans les zones rurales, certains doivent parcourir plus de 100km pour une consultation. 

Du changement depuis le début de la crise sanitaire

Face aux cliniques qui ont fermé leurs portes lors du premier confinement, des propriétaires ont dû reporter des consultations pour leurs animaux de compagnie accentuant certaines pathologies. Même si nos voisins européens ont pris le relai depuis longtemps, la télémédecine pour les consultations vétérinaires n’était, jusqu’à la crise de la Covid-19, toujours pas autorisée en France. Il aura fallu attendre 2020 pour que le gouvernement sorte en mai un décret pour amorcer le changement. 

La bonne nouvelle : vous pouvez donc désormais organiser une consultation à distance, à condition que le vétérinaire puisse consulter en face à face l’animal dans un délai de 12 mois.

« Nous avons pour le moment quelques cliniques vétérinaires référencées mais d’ici fin juin nous espérons avoir 150 vétérinaires sur la plateforme dont notamment la clinique du Cèdre ou encore la clinique Côte de Nacre avec lesquelles nous sommes en négociation », explique Antoine.

Avec Vetapp, l’objectif est de faire évoluer les mentalités sur la consultation et l’adoption de la part des usagers mais surtout aussi des professionnels (soit 1% de la population des vétérinaires). 

Comment ça marche ?

Une téléconsultation c’est en moyenne une session de 10-15min et le fait de ne pas avoir à parcourir – parfois 100km – pour un rendez-vous, permet de décentraliser le temps de consultation sur des pathologies plus lourdes.  Avec une moyenne de 600-700 nouveaux vétérinaires formés chaque année, Vetapp compte bien aider les professionnels à gérer leurs consultations.

Vetapp est une solution web, donc pas de logiciel à mettre en place et un compte se crée en 3 minutes. Pour ceux qui sont encore sceptiques, il n’y a aucun engagement après inscription. 

« C’est novateur et dans l’ère du temps. Pour nous c’est une économie de temps considérable, c’est vraiment rentable et une téléconsultation pour un simple contrôle sera moins cher qu’une consultation traditionnelle donc tout le monde y gagne », explique le docteur Bakhtiary, utilisateur de la plateforme. 

Gardons en tête qu’une visio ne remplacera jamais une consultation et que si la pathologie le nécessite, la priorité est le bien-être de l’animal. L’objectif de cette solution est de désengorger les agendas des vétérinaires sur des questions ou soucis mineurs. Pour le moment la plateforme n’est dédiée qu’aux animaux de compagnie. Les animaux d’élevage sont soumis à une législation bien précise qui nécessite des suivis plus pointus.

Les challenges de 2021

La commercialisation de l’application ayant été lancée en mars 2021, Vetapp est en cours de réalisation de 2 levées de fonds d’ici la fin de l’année. 

Leurs objectifs ? Faire adopter la plateforme à plus de 150 professionnels d’ici le début du deuxième semestre, créer des partenariats solides avec les écoles de vétérinaires et autres organismes de formation. À terme la startup espère proposer des téléconsultations aux propriétaires mais aussi aux agriculteurs.

Et si vous cherchez à faire partie de l’aventure, ils vont bientôt chercher leur responsable marketing et communication, alors n’hésitez pas à contacter Antoine directement.