Aqemia : un entretien aux origines de la découverte de médicaments par le calcul
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En avril 2020, Aqemia était une jeune entreprise issue de la recherche en physique. Emmanuelle Martiano, cofondatrice et alors directrice des opérations, expliquait à MedQuest comment le calcul pouvait contribuer à identifier de nouvelles molécules. Relu en 2026, cet entretien éclaire les premiers choix scientifiques et humains d’une entreprise dont le positionnement associe désormais physique et intelligence artificielle générative.
Une entreprise née à l’interface de plusieurs disciplines
L’histoire racontée en 2020 commençait avant la création de la société. Emmanuelle Martiano évoquait les travaux académiques de Maximilien Levesque et une recherche mêlant physique, mathématiques et chimie. Aqemia avait été fondée en 2019 pour mettre cette approche au service de la découverte de médicaments.
Le point de départ consistait à calculer des interactions entre une molécule et une cible biologique. Une telle prédiction peut aider à orienter la recherche vers certains composés plutôt que d’autres. Elle s’inscrit dans un travail de découverte qui devra ensuite confronter les molécules sélectionnées à l’expérimentation.
Pour comprendre l’intérêt de cette démarche, imaginez une équipe disposant d’un grand nombre de molécules possibles. Elle doit choisir où concentrer ses efforts. Le calcul peut apporter une façon de hiérarchiser les pistes, d’explorer des structures et de préparer les étapes suivantes. La question décisive devient alors : quelles hypothèses méritent d’être testées ?
Prédire une interaction moléculaire et démontrer l’efficacité d’un médicament sont deux étapes différentes. Entre elles interviennent notamment les essais expérimentaux, la caractérisation du composé et son développement. L’entretien d’Aqemia portait sur la première partie de ce chemin.

Ce que la cofondatrice décrivait en 2020
Emmanuelle Martiano présentait une technologie issue de travaux de recherche menés notamment à l’École normale supérieure et à l’Université PSL. Elle évoquait également, à cette date, une licence exclusive de technologie et des échanges avec l’industrie pharmaceutique.
Son discours associait le potentiel scientifique du calcul à un enjeu très concret : rendre une approche de laboratoire utilisable dans des projets de découverte. Les validations et preuves de concept faisaient partie des objectifs annoncés pour 2020.
La crise du Covid-19 apparaissait aussi dans l’entretien. Aqemia souhaitait alors mettre son approche au service de la recherche de molécules pertinentes dans ce contexte. Ce passage documente une mobilisation et un objectif exprimés pendant la pandémie. L’entretien ne rapporte pas l’aboutissement d’un médicament contre le Covid-19.
Les comparaisons de vitesse spectaculaires formulées à l’époque n’apportent pas, seules, une mesure exploitable pour tous les projets. Le sujet le plus intéressant est ailleurs : comment passer d’une méthode scientifique à un outil sur lequel une équipe de recherche peut s’appuyer ?
Recruter des profils capables de se comprendre
La composition de l’équipe occupait une place importante dans l’échange avec MedQuest. Une entreprise travaillant sur la découverte de médicaments par le calcul a besoin de compétences scientifiques et techniques qui se rencontrent rarement dans un intitulé de poste unique.
Un physicien, un chimiste et un ingénieur logiciel n’abordent pas nécessairement le même problème avec les mêmes mots. Leur collaboration suppose de rendre les hypothèses explicites, de comprendre ce que chaque méthode produit et de savoir transmettre un résultat à une autre discipline.
En 2020, Emmanuelle Martiano expliquait que le recrutement passait notamment par les réseaux et l’approche directe. Le confinement avait modifié les conditions d’intégration : les échanges à distance, les points réguliers et les moments informels devaient aider les nouveaux arrivants à trouver leur place.
Ce témoignage reste attaché à son contexte. Il n’annonce aucun poste actuel chez Aqemia. Il montre cependant pourquoi le recrutement dans les Life Sciences gagne à tenir compte du projet scientifique, de la façon de travailler et des interfaces entre métiers.
Où en est le positionnement d’Aqemia en 2026 ?
Sur sa présentation officielle, consultée en octobre 2026, Aqemia décrit une approche associant des algorithmes de physique à l’intelligence artificielle générative pour concevoir des molécules et prédire leurs affinités avec des cibles. Ce positionnement prolonge le récit de 2020, tout en intégrant les développements technologiques intervenus depuis.
La même source présente Maximilien Levesque comme CEO et cofondateur, et Emmanuelle Martiano-Rolland comme COO et cofondatrice. Cette information répond à la recherche sur les fondateurs d’Aqemia ; les fonctions sont celles affichées par l’entreprise lors de cette consultation.
Pour un candidat, le bon point d’entrée vers les possibilités actuelles reste la rubrique carrières du site de l’entreprise. Les conditions de recrutement, les postes et les rémunérations ne se déduisent pas de l’entretien historique.
Le récit initial conserve son intérêt : il montre une équipe en train de traduire une recherche académique en projet d’entreprise. Six ans plus tard, cette question continue à donner sa cohérence à l’entretien, sans lui faire raconter après coup une trajectoire qu’il ne pouvait pas encore connaître.