Tuttis : partager les savoirs d’expérience entre infirmiers
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Tuttis a été présenté à MedQuest comme une application d’entraide professionnelle fondée sur l’analyse des pratiques infirmières. Son idée : donner une forme exploitable aux situations vécues sur le terrain, pour que des pairs puissent les examiner et en tirer des enseignements. L’entretien avec Stephan Dattner, cofondateur, a été recueilli en mars 2020. Il reste le point de départ de ce portrait, complété par les ressources consultées en 2026.
Le projet part de l’expérience des soignants
Stephan Dattner expliquait que le projet s’était construit avec Anaïs Dattner, alors infirmière, formatrice en IFSI et formée aux sciences de l’éducation. Son travail sur l’analyse de pratique et l’explicitation de l’expérience nourrissait la conception de l’application.
Le problème était concret : une situation professionnelle contient des informations que le récit spontané ne rend pas toujours visibles. Les circonstances, les décisions prises et les questions restées ouvertes peuvent se perdre dans une discussion rapide. Un échange devient plus utile lorsque le contexte est exposé avec assez de précision pour permettre une réflexion commune.
L’entretien retraçait les premiers dessins, les prototypes et les échanges avec des infirmiers. Il présentait une plateforme façonnée autour de leurs expériences, plutôt qu’une bibliothèque de conseils rédigés sans lien avec les situations de travail.
Décrire une situation pour pouvoir la discuter
La plateforme devait aider les utilisateurs à structurer leurs contributions : raconter une situation, la contextualiser, formuler une question et partager des ressources. L’intérêt était de dépasser les réponses détachées du contexte, fréquentes dans un fil de discussion.
Dans un exemple illustratif, une infirmière peut vouloir revenir sur la coordination difficile d’une sortie de patient. Pour analyser ce qui s’est passé, ses pairs ont besoin de comprendre l’organisation, les informations disponibles et les interactions entre professionnels. Une réponse limitée à « il fallait téléphoner plus tôt » explique peu de choses sans ce contexte.
L’analyse des pratiques porte sur la réflexion professionnelle, pas sur un diagnostic donné à distance à un patient. Les échanges doivent préserver la confidentialité des situations et des personnes. Le récit peut décrire un problème d’organisation sans diffuser un dossier de soins identifiable.
Formation et DPC : situer l’usage de l’application
Dans les ressources consultées en octobre 2026, l’organisme de formation Elzeralde décrit l’utilisation de Tuttis au sein de programmes associant formation et analyse de pratiques à distance. Il présente des contributions structurées, produites par les apprenants dans un groupe de pairs, avec des références professionnelles ou scientifiques.
Cette description documente un usage annoncé par cet organisme. Pour choisir une formation, le programme précis, ses modalités et son statut doivent être examinés auprès de l’organisateur ; l’application et l’action de formation sont deux éléments du dispositif.
La Haute Autorité de santé rappelle que le développement professionnel continu vise l’actualisation des connaissances et l’amélioration des pratiques. Elle décrit les démarches et méthodes permettant de satisfaire l’obligation sur une période de trois ans. Une déclaration ancienne de projet DPC ne remplace pas les informations sur une action effectivement proposée.
Le formateur e-Santé peut contribuer à relier l’outil numérique, les objectifs pédagogiques et l’accompagnement des utilisateurs. C’est cette articulation qui donne un sens à la plateforme dans un parcours de formation.
Une application professionnelle, avec un objectif précis
Tuttis répond à une logique de partage et de réflexion entre infirmiers. Le projet décrit dans l’entretien n’est ni un annuaire permettant à un patient de trouver une infirmière, ni un logiciel de transmissions destiné à assurer le suivi opérationnel de son dossier.
Les transmissions de soins, l’analyse d’une expérience et la recherche d’un professionnel répondent à des besoins différents. Choisir un outil commence par cette question : quel travail doit-il aider à réaliser ?
Le projet décrit en 2020 mettait les soignants en position d’auteurs : leurs expériences alimentaient la réflexion du groupe. Pour un outil de partage professionnel, c’est une question de conception décisive. L’interface doit aider à raconter et à comprendre une situation, autant qu’à publier une réponse.